Emma gautreau, mère de clemenceau

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Emma Gautreau fut la mère de George Clemenceau, pour qui il eut toujours une grande admiration. 

Elle nait le 21 décembre 1817 au Tallud-Sainte-Gemme, de François Gautreau (ancien maire de Mouilleron en Pareds, nommé par Louis-Philippe) et de Louise David, à quelques kilomètres de Mouilleron en Pareds (85 Vendée). 

En 1835, lors d’une réception, elle rencontre Benjamin Clemenceau à la « Bicornière », une maison située en face de la grande allée du château de l’Aubraie, propriété des Clemenceau. Le coup de foudre est immédiat, mais le le père Clemenceau est hostile au mariage. A la tête d’une certaine fortune, il trouve que la jeune fille est d’origine trop modeste, alors même que son père est un fermier aisé, propriétaire terrien. 

Le jeune couple, très amoureux, décidera d’attendre la majorité de Benjamin, alors fixé à 25 ans, pour pouvoir se marier sans l’accord de ses parents. 

Le mariage aura lieu le 21 octobre 1839, dans le temple de Mouilleron en Pareds, juste en face de la maison Gautreau, bénit par le pasteur, concession de l’athée Benjamin Clemenceau à sa future épouse, attachée à sa foi protestante. Les parents de Benjamin, fidèle à leur hostilité, refusèrent d’assister au mariage. 

Le couple eut 4 enfants, Emma, Georges, Paul et Albert. Concession cette fois d’Emma à son mari, leurs enfants ne seront pas baptisés. 

Emma aura une grande influence sur son fils Georges, et la légende veut que ses dernières volontés soient : je veux être enterré avec dans mon cercueil, le bouquet de fleurs séchés que des poilus m’ont donné pendant une de mes visites sur le front, et le livre de prière de ma mère, que vous trouverez dans mon armoire, …. ». 

Décédée le 20 avril 1903,très humble, elle ne nous aura laissé qu’un portrait dessiné d’elle, mais peu de photos connues à ce jour. 

Simonne calari de lamazière, épouse du maréchal

C'est à Paris, le 7 novembre 1906, que naît Simonne Calari de Lamazière. À l'âge de 26 ans, elle croise le jeune capitaine Jean de Hé. Lattre. Il l’impressionne lors d’une mémorable tempête à l'île d’Yeu, embarqués dans une modeste barque. 

Le mariage est célébré le 22 mars 1927 en l'église Saint-Pierre de Chaillot à Paris. Elle a 21 ans et lui 38 ans. Bernard naît le 11 février 1928, mais la joie de Simonne est atténuée car elle y apprend aussi qu'elle ne pourra plus avoir d'enfant. 

Elle suivra alors son mari dans toutes ses affectations. 

Emprisonné à Riom pour avoir refusé d'obéir au gouvernement de Vichy lors de l'invasion de la zone libre par les nazis, le général de Lattre s'évadera grâce à l'aide de son épouse et de son fils Bernard en septembre 1943. Alors qu'il s'envole pour Londres, puis Alger, elle entre dans la clandestinité avant de le rejoindre à Alger en mai 1944. Sur place, elle se consacre au service social de l'armée B, puis, après le débarquement de Provence, celui de la première armée qui va poursuivre sa marche glorieuse jusqu'au Danube en Autriche. 

En août 1946, elle devient présidente d'honneur de l'association Rhin et Danube, créée par le général. 

En mai 1951, elle rejoint le général en Indochine, où il y a été nommé au commissaire et commandant en chef des troupes de l'Union française. Mais elle connaît la pire des douleurs pour une mère, la mort de Bernard, son fils unique, le 30 mai 1951 sur le sur le rocher de Ninh Binh au Tonkin. Quelques mois plus tard, le 11 janvier 1952, le général décède à son tour et rejoint Bernard dans le petit cimetière de Mouilleron en Pareds.

« Pendant 25 ans elle sera pour lui une collaboratrice précieuse, un élément de stabilité, de solidité qu’aucune épreuve n’entamera, le point d’amarre inébranlable et nécessaire à ce navire de haute mer qui va affronter tant de tempêtes. Elle sera toujours une lumière indiquant la bonne route, brillant doucement dans l’ombre de son grand homme mais le fortifiant de sa présence et se fortifiant soi-même jusqu’aux heures où elle apparaîtra soudain au pays tout entier avec la double flamme de son sacrifice ». Bernard SIMIOT 

 

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Toute sa vie va alors se concentrer à entretenir la mémoire de son mari et de son fils, au travers d’inauguration de monuments commémoratifs, de places et de rues au nom du Maréchal , aux oeuvres de « Rhin et Danube » , aux actions de la Fondation Maréchal de Lattre qu’elle crée conjointement avec l’Etat en 1954, … 

Elle apprécie particulièrement les rencontres des anciens de la première armée et d'Indochine. Elle partage le malheur des mères et des épouses qui ont perdu un fils ou un mari. Comme le maréchal, elle se passionne pour les jeunes, les scolaires avec le prix Rhin et Danube, le prix du courage attribué par la Fondation à de jeunes pour des actions héroïques qui lui ont été signalées, avec l'attribution de bourses aux élèves méritantes de la maison d'éducation de la Légion d'honneur à Saint-Denis, … 

En 1956, elle prend la suite de son beau-père, décédée à 101 ans à la mairie de Mouilleron en Pareds. Elle gardera son mandat jusqu'en 1977. 

En 1959, elle inaugure en présence d'André Chanson et avec le soutien d'André Malraux, le musée des Deux-victoires (14/18 avec Clemenceau, né à Mouilleron en Pareds comme son mari et 39/45 avec Jean de Lattre) qui deviendra par la suite le musée Clemenceau de Lattre. 

En 1975, elle fait le don de la maison de son mari, devenu sa maison, à l’Etat pour l'ouvrir au public. Et c'est en 1990, sous la volonté de Philippe de Villiers, président du Conseil général de la Vendée, qu'elle crée l'Institut Vendéen Clemenceau de Lattre, association qui a pour but de perpétuer leurs mémoires et de constituer un fonds documentaire. 

Elle décédera le 3 juin 2003 et après une cérémonie religieuse en l'église Saint-Louis des Invalides, 51 ans après celle de son mari, elle ira le rejoindre dans le cimetière de Mouilleron en Pareds avec son fils Bernard. La lignée des de Lattre de Tassigny s’eteindra avec elle.