Georges Clemenceau


Maréchal Jean de Lattre de Tassigny


Exemple d'unité sur les valeurs de la République

Réconciliation et unité nationale
Catholiques et protestants, républicains et royalistes se sont combattus à Mouilleron, en Vendée. Clemenceau aux ancêtres protestants et républicains, et de Lattre aux ancêtres catholiques et royalistes, sont issus chacun d’un camp opposé !
Le grand-père de Clemenceau, François Gautreau est protestant et républicain, et l’arrière-grand-père de de Lattre, Alexis Mosnay est catholique et royaliste. Par ironie du sort, la maison Gautreau est située rue de la Chapelle à Mouilleron, et celle des de Lattre, rue du Temple.
En 1832, par réaction contre les légitimistes (souhaitant le retour des Bourbons au pouvoir), le gouvernement de Louis-Philippe nomme François Gautreau maire pour remplacer Alexis Mosnay. C’est le branle-bas de combat au village… L’évêque et le préfet interviennent pour calmer les esprits des « bleus » et des « blancs » mouilleronnais.
Clemenceau, à la suite de son voyage en 1906 en tant que ministre de l’Intérieur à la Roche sur Yon se rend à Mouilleron. En pleine séparation de l’église et de l’Etat, Clemenceau reçoit un accueil glacial, avec portes closes et volets fermés. Le maire de l’époque, Jules Hénault, grand-père du maréchal lui refusera même l’accès à la mairie.
Le 5 avril 1918, le maire légitimiste, Roger de Lattre, écrit à Clemenceau, radical progressiste, pour le « revendiquer hautement comme l’un des leurs ».
Le 14 avril 1918, la réponse est là : « C’est un encouragement, mes amis, un vrai, un chaud, qui me revient des rochers de mon enfance... La belle victoire qui va venir, nous l’aurons faite ensemble... »
Le 9 octobre 1921, Clemenceau accepte de présider l’inauguration du monument aux morts. Le jeune capitaine de Lattre, cinq fois blessé, huit fois cité, participe à la cérémonie à la demande de ce dernier, qui reprend le message d’unité : « Il n’y a rien de supérieur au sentiment de fraternité nationale »
Réconciliation mouilleronnaise, réunion de la Vendée bleue et de la Vendée blanche , appel à l’unité nationale: « C’est un magnifique moment d’union que nous passons et nous avons raison de ne pas nous diviser. Nous avons des motifs supérieurs de nous aimer et de nous unir. » dira Clemenceau.
« Je veux que ma dernière pensée soit un témoignage d’amour pour cette vieille cité où le hasard des choses me fit naître, mais le plus bel hommage rendu aux morts au cours de cette manifestation c’est vous, braves femmes, qui le lui avez apporté avec vos larmes. » Clemenceau.
La première rencontre a lieu en 1921 à l’initiative du père du maréchal pour l’inauguration du monument aux morts, avec un geste très fort de réconciliation entre les deux familles, puisque Clemenceau est alors invité chez les de Lattre pour la première fois. La mère du maréchal grave même ce moment historique sur le fauteuil sur laquelle le Tigre s’est assis, qu’on peut voir encore aujourd’hui dans le salon.
En 1926, Jean de Lattre présente sa fiancée, Simonne Calary de Lamazière à Georges Clemenceau chez lui à Paris en 1926. Clemenceau lui suggère d’ « acheter un de ces moulins, ils vont tous disparaître, et ce serait dommage ». De Lattre acquiert deux moulins sur la colline de Mouilleron. L’un d’eux est transformé en chapelle St Jean-St Bernard.
Invité au mariage de Jean et Simonne de Lattre, Clemenceau ne pourra s’y rendre mais offrira un très beau cristal de Lalique en leur souhaitant ses meilleurs voeux de bonheur.
Avertis par la famille, Jean et Simonne de Lattre se rendent au domicile de Clemenceau pour s’incliner devant son cercueil. Le 25 novembre 1929, ils assistent aux obsèques civiles du Tigre à Mouchamps avec une vingtaine d’invités mis dans le secret.

Le musée Clemenceau-de-Lattre

Maison natale de Georges Clemenceau
Georges Clemenceau est né le 28 septembre 1841 dans cette maison, celle de ses grands-parents maternels, François Gautreau et Louise-Henriette-Sophie David. Par acte de juillet 2005, sur décision du ministre de la Culture et de la Communication, cette maison, devenue boulangerie, a été acquise par l'Etat et rattachée au musée national Clemenceau-de Lattre. Cette maison, en relatif bon état, comporte 478m2 de plancher et 700 m2 de jardin. Une partie du décor intérieur d'origine en a été conservée.
Cette acquisition permet de protèger un lieu historique et symbolique en danger, donner à l'ensemble muséal de Mouilleron une opportunité dans sa nécessaire évolution, en rééquilibrant la présence de Clemenceau par rapport à celle du maréchal de Lattre et en développant des perspectives historiques cohérentes et complémentaires. Avec l'acquisition de cette maison l'Etat dispose à Mouilleron d'un ensemble patrimonial et historique exceptionnel qui lui offre l'opportunité de créer un pôle historique de premier plan et original.
Maison natale du maréchal de Lattre
Cette maison a été acquise par l'Etat, sur décision d'André Malraux, en 1967, après le décès de la comtesse de Marcé, soeur du maréchal et seule héritière de son père Roger de Lattre, doyen des maires de France.
Confiée à Dominique Costa, conservateur du musée Dobrée, son achèvement fut assuré, à la demande de Jean Chatelain, directeur des musées de France, par Jacques Perot, alors directeur des services d’archives de la Vendée. La maison fut inaugurée le 31 mai 1975, par MM. Yvon Bourges, ministre de la Défense et Emmanuel de Margerie, directeur des musées de France.
A cette maison est rattachée, depuis 2003, date de l'extinction d'usufruit dont bénéficiait la Maréchale de Lattre, la petite maison acquise par elle de son beau-père et donnée à l'Etat en 1987.
En dehors de son aspect historique, cette demeure constitue un bel exemple de maison de notable vendéen du XIXè siècle et, à ce titre, présente un réel intérêt par son ambiance et son décor qui en justifie la visite, en dehors même de son aspect historique. L'ensemble muséal de Mouilleron-en- Pareds a fait l'objet de travaux importants depuis plusieurs années qui devront être poursuivis. Un tableau financier est annexé à ce rapport. Le jardin vient d'être restitué dans son état 1900.
Un effort important de mise à jour d'inventaire, de numérisation et de mise en ligne devra être mené rapidement, notamment pour intégrer les fonds importants venant de la maréchale de Lattre.
L'exploitation des quelques dix mille photographies de la Seconde guerre mondiale et de l'Indochine devra être envisagée rapidement.
